DYNAMIQUE DES FRONTIERES

La frontière institue, protège et ordonne.

Virtuelle, physique ou imaginaire, sans elle, quelle institution de l'ordre du savoir, de l'intimité ou de l'amour, de l'art ou de la politique serait possible ?

Son franchissement violent, sa négation, se dit catastrophe. Catastrophe pour le corps, le psychisme ou la communauté politique... Catastrophe toujours archaïque en tant qu'elle nous force à revenir au point de départ, nous contraint au recommencement, à la refondation.

Que la frontière se solidifie, qu'on cesse de la vouloir plastique pour la vouloir immuable et voilà que s'annoncent affaiblissement, violence, régression et déclin, tant ce qu'il y a d'universel pour la pensée suppose, encore et toujours, qu'il soit possible d' instituer à partir de nouvelles frontières.

Penser les frontières, c'est penser le monde.