En partenariat avec le Collège Paul Langevin d’Avion
En présence de l’auteur :
L'étranger, c'est celui qui vient du dehors, de l'extérieur. Il est autorisé à circuler, à séjourner ou à résider dans notre pays. Il est parfois en situation irrégulière. Il ne parle pas notre langue, ne partage pas notre mode de vie. Aller à la rencontre de l'étranger peut déranger et questionner nos évidences - c'est le propre de la philosophie -, mais de tels échanges enrichissent les langues, nos choix de vie et notre vision du monde. Rien de ce qui est humain ne nous est étranger.
En partenariat avec l’université pour tous d’Arras
En présence de l’auteur :
Dans cet essai, Arnaud Macé propose au lecteur d’envisager la philosophie de Platon comme un laboratoire où s’envisagent les techniques à même d’initier l’apprenti philosophe à l’art du philosopher. Dans l’atelier de Platon abondent les artisans, qui, lorsqu’ils exercent véritablement leur métier, constituent le modèle de tout savoir. Ainsi nous chercherons nous aussi à nous exercer en compagnie de Platon et à saisir les repères et critères du savoir véritable.
En présence de l’auteur :
Robert Maggiori nous invite à un voyage dans la philosophie contemporaine, entre France et Italie: le jeune professeur de philosophie d'origine italienne est devenu le passeur des penseurs, le critique des livres de philosophie dans le Cahier livres de Libération depuis trois décennies. Passionné et rigoureux, Maggiori est convaincu qu'au lecteur est dû ce travail minutieux de tri, d'analyse, de réflexion. Le critique peaufine inlassablement les outils de la transmission: amour des livres, connaissance intime des textes et des auteurs - comment ne pas voir, aussi, l'homme derrière l'œuvre? - art de la synthèse, de la mise en perspective et, plus encore, de la mise en récit. Il mêle agréablement au panorama de la philosophie moderne un récit personnel émouvant qui passe par l'Italie, l'amour et l'admiration pour Jankélévitch, Baudrillard ou Bourdieu, le choc du meurtre de Pasolini, la vie quotidienne d'un grand journal, les coulisses de la presse, du métier de critique, et les joie de la vie intellectuelle.
En partenariat avec l’Université Populaire et Citoyenne de Roubaix
En présence du co-auteur :
A travers la correspondance aujourd’hui publiée de Toussaint Louverture, qui dirigea la révolte des esclaves à Haïti, un miroir inédit est tendu à la Révolution Française, Antonio M. Baggio, auteur de La fraternité, un principe oublié et spécialiste d’Haïti, nous donne à penser l’impensable de cette révolte et de la première république noire, mais surtout les impensés de notre propre révolution et république: ses valeurs en trompe l’œil (liberté, égalité?) et surtout la fraternité qui, elle, ne trompe plus personne puisqu’elle est maintenant en voie d’effacement avancé. Revisiter les catégories politiques de l’Occident (son ethnocentrisme congénital, son universalisme abstrait) et la réduction anthropologique des Lumières (ses étranges obscurités parfois) permettrait de mieux comprendre nos impasses politiques actuelles et de refonder (enfin) un projet politique républicain.
En présence de l’auteur :
Pourquoi écrire un livre sur Antonin Artaud? Impossible de le lire sans être appelé par sa voix. Mais comment répondre à cet appel sans le trahir? Comment lire en philosophe celui qui clamait sa « haine de la philosophie »? Comment le lire sans le dévorer ni se laisser dévorer par lui?
En partenariat avec Sciences Po Lille
La démocratie offre-t-elle à nos consciences historiques la perspective d’un dépassement ? Est-elle au contraire l’horizon ultime de tout devenir historique ? Cette question peut s’aborder de deux manières : en examinant le processus qui a vu ce régime triompher au terme d’un siècle tumultueux marqué par les totalitarismes ou bien en interrogeant le rapport à l’histoire de l’homme démocratique contemporain. Est-il encore tourné vers l’avenir ? Tire-t-il les leçons du passé ? Ou bien ne conçoit-il plus le temps de l’engagement que comme un présent toujours renouvelé que meuble le débat d’opinion ?
En partenariat avec l’UFR d’Histoire de l’Université Lille 3 Citéphilo a choisi cette année de faire de Carlo Ginzburg son invité d’honneur. C’est parce qu’il est un penseur fécond et original, historien des mentalités, mais aussi un théoricien de sa propre pratique que nous avons souhaité l’interroger autant sur sa pratique d’historien que sur ses recherches méthodologiques, et les problèmes qu’elles ne cessent de poser.
C’est en 1979 que paraissait un article de Carlo Ginzburg qui se proposait d’énoncer un nouveau « paradigme » pour les sciences historiques. Autant dire de produire une « révolution scientifique », si l’on en croit le titre de l’ouvrage où Thomas Kuhn inventait le concept de paradigme disciplinaire. « Changer de paradigme », n’était-ce pas pour Ginzburg « changer de discipline », un nouveau paradigme signifiant aussi bien une nouvelle matrice de pensée que de nouvelles procédures, de nouvelles instrumentations, de nouveaux dispositifs de recherche ? Inventer une histoire qui ne renonce pas aux idées de totalité, de vérité, mais qui laisse place à la conjecture, à la construction théorique et qui assume la place de celles-ci dans le discours de l’historien ? Une histoire qui ne serait plus, selon la métaphore de Ginzburg, une « forteresse », conçue donc pour résister aux sièges, mais « un aéroport » ouvert aux influences, aux échanges : cette métaphore avoue que le projet du « paradigme indiciaire » ne saurait se restreindre aux seules sciences historiques mais est destiné à affecter tout le continent des sciences humaines. Ginzburg ne revendique-t-il pas en effet des modèles théoriques aussi divers (et hétéroclites pensera-t-on sans doute) que ceux de Marc Bloch, Claude Lévi-Strauss, Aby Warburg, Giovanni Morelli, Conan Doyle... ? N’imbrique-t-il pas, dans un même essai, pensée théorique et fiction (Dupin, Holmes et Pierce), assumant ainsi les connivences et les connexions les plus audacieuses ?
C’est ce théoricien exigeant de sa propre pratique, refusant d’occulter, au nom d’une rationalité postulée, les problèmes épistémologiques que pose toute recherche historique, que nous avons choisi de confronter à certaines de ses sources, plus particulièrement l’archéologie et la psychanalyse.
Si l’historien comme l’archéologue semblent se préoccuper du passé, leur objet de travail se trouve dans notre présent. Carlo Ginzburg et Laurent Olivier suivent de ce point de vue des chemins de traverse par rapport à une conception traditionnelle de l’histoire: loin de la penser comme le récit d’un passé restituable, c’est bien dans les deux cas par une « construction » qu’ils définissent l’activité de l’historien ou de l’archéologue. Il s’agira alors d’explorer avec eux quel héritage du passé produisent et expérimentent leurs pratiques respectives.
