Vendredi 18 novembre

Vivre avec l’étranger (Chouette Penser ! Gallimard)

De 14h30 à 16h
Collège Paul Langevin – 2 rue Barbès - Avion

En partenariat avec le Collège Paul Langevin d’Avion

En présence de l’auteur :

  • Marie Gaille
    Philosophe, chargée de recherche au CNRS
  • Présentation: Samuel Mbulungu
    Professeur de philosophie au lycée pablo picasso d’avion
L'étranger, c'est celui qui vient du dehors, de l'extérieur. Il est autorisé à circuler, à séjourner ou à résider dans notre pays. Il est parfois en situation irrégulière. Il ne parle pas notre langue, ne partage pas notre mode de vie. Aller à la rencontre de l'étranger peut déranger et questionner nos évidences - c'est le propre de la philosophie -, mais de tels échanges enrichissent les langues, nos choix de vie et notre vision du monde. Rien de ce qui est humain ne nous est étranger.

L’atelier de l’invisible. Apprendre à philosopher avec Platon (Éditions è®e)

De 14h30 à 16h30
Université pour tous d’Arras - Amphithéâtre Paul Verlaine – rue du Temple - Arras

En partenariat avec l’université pour tous d’Arras

En présence de l’auteur :

  • Arnaud Macé
    Philosophe, maître de conférences à l’Université de Franche Comté
    A également publié : Platon, philosophie de l’agir et du pâtir (academia verlag) ; Gorgias (ellipses) ; Études platoniciennes vi – socrate : vie privée, vie publique (les belles lettres)
  • Présentation: Eva Lerat
    Professeur de philosophie aux lycées Faidherbe à Lille et Eiffel d’Armentières
Dans cet essai, Arnaud Macé propose au lecteur d’envisager la philosophie de Platon comme un laboratoire où s’envisagent les techniques à même d’initier l’apprenti philosophe à l’art du philosopher. Dans l’atelier de Platon abondent les artisans, qui, lorsqu’ils exercent véritablement leur métier, constituent le modèle de tout savoir. Ainsi nous chercherons nous aussi à nous exercer en compagnie de Platon et à saisir les repères et critères du savoir véritable.

Le métier de critique. Journalisme et philosophie (Seuil)

De 15h à 17h
FNAC - 20 rue St Nicolas – Lille

En présence de l’auteur :

  • Robert Maggiori
    Philosophe, journaliste à Libération
    A également publié : Un animal, un philosophe (julliard) ; La philosophie au jour le jour (flammarion)
  • Présentation: Elisa Bozzelli
    Philosophe traductrice et éditrice
Robert Maggiori nous invite à un voyage dans la philosophie contemporaine, entre France et Italie: le jeune professeur de philosophie d'origine italienne est devenu le passeur des penseurs, le critique des livres de philosophie dans le Cahier livres de Libération depuis trois décennies. Passionné et rigoureux, Maggiori est convaincu qu'au lecteur est dû ce travail minutieux de tri, d'analyse, de réflexion. Le critique peaufine inlassablement les outils de la transmission: amour des livres, connaissance intime des textes et des auteurs - comment ne pas voir, aussi, l'homme derrière l'œuvre? - art de la synthèse, de la mise en perspective et, plus encore, de la mise en récit. Il mêle agréablement au panorama de la philosophie moderne un récit personnel émouvant qui passe par l'Italie, l'amour et l'admiration pour Jankélévitch, Baudrillard ou Bourdieu, le choc du meurtre de Pasolini, la vie quotidienne d'un grand journal, les coulisses de la presse, du métier de critique, et les joie de la vie intellectuelle.

Lettres à la France. Idées pour la libération du peuple noir d’Haïti (1794-1798) de Toussaint Louverture (Nouvelle cité)

De 15h à 17h 
Palais des Beaux-Arts - grand auditorium - Place de la République - Lille

En partenariat avec l’Université Populaire et Citoyenne de Roubaix

En présence du co-auteur :

  • Antonio Baggio
    Professeur de philosophie politique aux Universités de Rome et de Florence, directeur du Département d’études politiques à l’Institut Universitaire Sophia de Loppiano-Florence
  • Présentation: Bruno Mattéi
    Professeur de philosophie honoraire à lille président de l’Université Populaire et Citoyenne de Roubaix.
A travers la correspondance aujourd’hui publiée de Toussaint Louverture, qui dirigea la révolte des esclaves à Haïti, un miroir inédit est tendu à la Révolution Française, Antonio M. Baggio, auteur de La fraternité, un principe oublié et spécialiste d’Haïti, nous donne à penser l’impensable de cette révolte et de la première république noire, mais surtout les impensés de notre propre révolution et république: ses valeurs en trompe l’œil (liberté, égalité?) et surtout la fraternité qui, elle, ne trompe plus personne puisqu’elle est maintenant en voie d’effacement avancé. Revisiter les catégories politiques de l’Occident (son ethnocentrisme congénital, son universalisme abstrait) et la réduction anthropologique des Lumières (ses étranges obscurités parfois) permettrait de mieux comprendre nos impasses politiques actuelles et de refonder (enfin) un projet politique républicain.

Guérir la vie. La passion d’Antonin Artaud (Cerf)

De 17h à 19h 
FNAC - 20 rue St Nicolas – Lille

En présence de l’auteur :

  • Jacob Rogozinski
    Professeur de philosophie à l’Université de Strasbourg
  • Présentation: Gérard Briche
    Professeur de philosophie à l'ERSEP de Tourcoing
Pourquoi écrire un livre sur Antonin Artaud? Impossible de le lire sans être appelé par sa voix. Mais comment répondre à cet appel sans le trahir? Comment lire en philosophe celui qui clamait sa « haine de la philosophie »? Comment le lire sans le dévorer ni se laisser dévorer par lui?

La démocratie: la fin de l’histoire ?

De 19h à 21h 
Sciences Po – Amphithéâtre - 84, rue de Trévise – Lille – M° Porte de Valenciennes

En partenariat avec Sciences Po Lille

  • François Hartog
    Historien, membre du Centre Louis Gernet de recherches comparées sur les sociétés anciennes, directeur d’études à l’EHESS
    A notamment publié : Régimes d’historicité. présentisme et expériences du temps (seuil) ; Évidence de l’histoire (gallimard) ; Anciens, modernes, sauvages (points seuil)
  • Modération: Nicolas Righi
    Professeur de philosophie au lycée Arthur Rimbaud à Sin-le-Noble
La démocratie offre-t-elle à nos consciences historiques la perspective d’un dépassement ? Est-elle au contraire l’horizon ultime de tout devenir historique ? Cette question peut s’aborder de deux manières : en examinant le processus qui a vu ce régime triompher au terme d’un siècle tumultueux marqué par les totalitarismes ou bien en interrogeant le rapport à l’histoire de l’homme démocratique contemporain. Est-il encore tourné vers l’avenir ? Tire-t-il les leçons du passé ? Ou bien ne conçoit-il plus le temps de l’engagement que comme un présent toujours renouvelé que meuble le débat d’opinion ?

Mémoire, temps et construction d’histoire

De 19h30 à 21h30
Palais des Beaux Arts - grand auditorium - Place de la République – Lille

En partenariat avec l’UFR d’Histoire de l’Université Lille 3 Citéphilo a choisi cette année de faire de Carlo Ginzburg son invité d’honneur. C’est parce qu’il est un penseur fécond et original, historien des mentalités, mais aussi un théoricien de sa propre pratique que nous avons souhaité l’interroger autant sur sa pratique d’historien que sur ses recherches méthodologiques, et les problèmes qu’elles ne cessent de poser.

C’est en 1979 que paraissait un article de Carlo Ginzburg qui se proposait d’énoncer un nouveau « paradigme » pour les sciences historiques. Autant dire de produire une « révolution scientifique », si l’on en croit le titre de l’ouvrage où Thomas Kuhn inventait le concept de paradigme disciplinaire. « Changer de paradigme », n’était-ce pas pour Ginzburg « changer de discipline », un nouveau paradigme signifiant aussi bien une nouvelle matrice de pensée que de nouvelles procédures, de nouvelles instrumentations, de nouveaux dispositifs de recherche ? Inventer une histoire qui ne renonce pas aux idées de totalité, de vérité, mais qui laisse place à la conjecture, à la construction théorique et qui assume la place de celles-ci dans le discours de l’historien ? Une histoire qui ne serait plus, selon la métaphore de Ginzburg, une « forteresse », conçue donc pour résister aux sièges, mais « un aéroport » ouvert aux influences, aux échanges : cette métaphore avoue que le projet du « paradigme indiciaire » ne saurait se restreindre aux seules sciences historiques mais est destiné à affecter tout le continent des sciences humaines. Ginzburg ne revendique-t-il pas en effet des modèles théoriques aussi divers (et hétéroclites pensera-t-on sans doute) que ceux de Marc Bloch, Claude Lévi-Strauss, Aby Warburg, Giovanni Morelli, Conan Doyle... ? N’imbrique-t-il pas, dans un même essai, pensée théorique et fiction (Dupin, Holmes et Pierce), assumant ainsi les connivences et les connexions les plus audacieuses ?

C’est ce théoricien exigeant de sa propre pratique, refusant d’occulter, au nom d’une rationalité postulée, les problèmes épistémologiques que pose toute recherche historique, que nous avons choisi de confronter à certaines de ses sources, plus particulièrement l’archéologie et la psychanalyse.

  • Invité : Carlo Ginzburg
    Historien et historien de l’art italien contemporain, professeur à l’Université de Bologne
    A notamment publié : Mythes, emblèmes, traces ; morphologie et histoire (verdier) ; Le fil et les traces. vrai faux fictif (verdier) ; Les batailles nocturnes. sorcellerie et rituels agraires aux xvième et xviième siècles (flammarion)
  • Laurent Olivier
    conservateur du département d’archéologie celtique et gauloise au Musée d’Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye, professeur à l’École du Louvre et enseignant à l’École pratique des Hautes Études
    A notamment publié : Le sombre abîme du temps. mémoire et archéologie (seuil)
  • Modération: Sabine Prokhoris
    Psychanalyste agrégée de philosophie
Si l’historien comme l’archéologue semblent se préoccuper du passé, leur objet de travail se trouve dans notre présent. Carlo Ginzburg et Laurent Olivier suivent de ce point de vue des chemins de traverse par rapport à une conception traditionnelle de l’histoire: loin de la penser comme le récit d’un passé restituable, c’est bien dans les deux cas par une « construction » qu’ils définissent l’activité de l’historien ou de l’archéologue. Il s’agira alors d’explorer avec eux quel héritage du passé produisent et expérimentent leurs pratiques respectives.

2011