Collège Paul Langevin - Avion
Un match de football est l'illustration des rapports sociaux que les hommes entretiennent les uns avec les autres. Il met en scène tous les éléments de ce qu'on appelle le « tissu social » : l'amour-propre, le sens de l'honneur mais aussi l'intérêt. La rivalité n'exclut pas la solidarité, l'ambition personnelle n'est pas incompatible avec l'entraide. Le match de football condense ainsi, dans cet espace délimité qu'on appelle le « terrain », ce que le philosophe Kant appelait l'« insociable sociabilité » des rapports humains : tout en ne cessant de s'affronter, les hommes ne peuvent pas se passer les uns des autres.
en présence de l’auteur :
Contre une lecture qui verrait dans « le dernier Foucault » un repli stratégique du philosophe pour opérer un retour au sujet en actant l’abandon du souci de la chose commune, il s’agit ici de montrer que l’exigence de communauté est la signification même de l’ensemble de son travail philosophique. En s’attachant au « livre-expérience » voulu par Foucault, on peut comprendre que loin d’abandonner la politique au profit de l’éthique, le philosophe déploie son œuvre sur un horizon à la fois éthique et politique : éthique par l’appel à se déprendre de soi-même, politique par la capacité à imaginer les choses autrement qu’elles ne sont. Le « travail sur nos limites » - objet que se donnait l’historien du présent - prend alors toute sa signification dans la notion de communauté à venir.
Les totalitarismes ne se contentent pas de combattre les démocraties « bourgeoises », ils en procèdent, ils en révèlent les problèmes en prétendant les dépasser. Ils leur lancent un défi qu’elles sont mises en demeure de relever. D’où les totalitarismes ont-ils pu sortir ? Marcel Gauchet montre qu’ils sont à comprendre comme des « religions séculières », antireligions religieuses résultant d’une phase spécifique et périlleuse du processus de sortie de la religion. Gauchet analyse trois « expériences » totalitaires : le bolchévisme, le fascisme et le nazisme et tente d’éclairer par contraste les transformations profondes qu’a connues la démocratie, notamment après 1945.
En présence des auteurs:
Emergence d'un ou plusieurs espaces pertinents sur l'étendue de la planète Terre, la mondialisation est fondamentalement un événement géographique, le premier de cette ampleur à être explicité, pensé et discuté, en même temps qu'il se produit. La mondialisation change les sciences sociales. Elle oblige à revoir des cadres de pensée liés au cadre national dans lequel et pour lequel ils ont été construits. En géographie, c'est notamment le cas des notions de lieu, de territoire, de réseau, de Monde et d'humanité. La mondialisation instaure de nouveaux rapports, pas nécessairement conflictuels, entre le singulier et l’universel.
Tandis que les États renforcent sans cesse leurs prérogatives sécuritaires, les citoyens semblent manifester de moins en moins de goût pour la démocratie. Tout se passe comme si le néolibéralisme, fondé sur une anthropologie de l'homme économique, favorisait les peurs sociales et le soupçon à l'égard des institutions. Comment comprendre ce nouveau dispositif politique ? Y a-t-il un lien entre la "dé-démocratisation" à laquelle nous assistons et la banalité sécuritaire qui s'est installée en Occident ? Chacun à sa manière, les deux auteurs réunis lors de cette rencontre relisent la philosophie politique (de Hobbes à Foucault) à partir de ces questions du présent
Selon une première approche, le commun serait une détermination de certains biens dont la propriété intrinsèque serait de ne pas être appropriables à titre privé. Ce qui revient à classer les choses en termes de biens « communs », de biens « publics » ou de biens « privés ». Selon une autre approche, le commun devrait être soustrait à la catégorie de l’avoir : ce que nous aurions en partage, ce serait notre condition même d’êtres finis, déterminant comme une communauté du « manque ».Mais le commun n’est ni une détermination inhérente à une certaine catégorie de biens, ni une détermination relevant immédiatement du mode d’être de l’homme. Il est une détermination de l’agir : seul l’agir commun peut donner à des choses de devenir communes tout en produisant une figure inédite du collectif.
en présence de l’auteur :
Dans ce nouvel essai, Christian Godin emprunte à Freud sa triade "Névrose, Psychose et Perversion "pour décrypter nos vies en miettes, que plus rien ne semble pouvoir unifier, ni combler. Au travers des sept dimensions de son existence : l'être, l'agir, le pouvoir, le voir, l'avoir, le savoir et le dire, c'est le problème de la perte d'un sens global - et commun - de la culture pour l'homme contemporain qui est posé. Pessimisme, nostalgie ou passéisme ?.... Le pain d'aujourd'hui n'aurait-t-il pas toujours moins de goût que celui de l'enfance ?
L’Ecole est chose commune, et de ce fait légitimement objet d’inquiétudes et de vives polémiques, puisqu’en l’Ecole se joue le visage de la cité de demain. Pour y voir plus clair, nous posons à nos invités quatre questions. Qu’est-ce qui nous sépare des fondateurs de l’Ecole républicaine : Faut-il rester fidèle à leurs valeurs (et leur méthodologie) ou s’adapter résolument aux nouvelles conditions de notre société ? Comment enseigner : la pédagogie est-elle interne ou externe au savoir disciplinaire ? Quelle est la place de l’autorité à l’Ecole ? Sur quoi se fonde-t-elle ? Qu’est-ce qu’une Ecole juste : comment tenir ensemble l’exigence de démocratisation et la sélection méritocratique ?
