En partenariat avec l’UFR de Philosophie de l’Université Lille 3
En présence de l’auteur :
Rien de plus banal qu’une liste, rien de plus commun pour les individus aussi bien que pour les sociétés que d’en fabriquer pour toutes sortes de fins. Les listes n’ont-elles pas pourtant des propriétés remarquables ? Leur production n’obéit-elle pas à des motifs ou à des intentions précises qui, indirectement, nous éclairent sur nous-mêmes.
Le concept de « care » est un concept pluriel, comme le signale la diversité des termes utilisés pour le traduire : sollicitude, soin, souci, attention… Cette pluralité est liée à l’histoire du concept, qui a voyagé du champ de la psychologie morale à celui de la théorie sociale et politique, en passant par le champ de l’éthique. II faut revenir d'abord brièvement sur cette histoire, si l'on veut montrer comment la signification sociologique et politique qu’il a acquise dans le travail de Joan Tronto en fait le concept central d’une critique des inégalités qui traversent les sociétés libérales et démocratiques contemporaines.
en présence de l’auteur :
C'est bien connu : les économistes aiment les fables : elles leur permettent d'illustrer de façon simple des échafaudages théoriques souvent abscons. Mais souvent elles servent aussi à légitimer les modèles (néo)classiques dominants. Laurent Cordonnier retourne ici cette « arme » contre ses concepteurs en imaginant l'histoire d’un jeune économiste fraîchement émoulu du prestigieux MIT et appelé à la rescousse par la tribu des Toambapiks. Pratiquant la monoculture agricole dans une économie de trocs, ceux-ci sont en effet désireux de diversifier leur production et leur consommation. Étape par étape, on assiste à la manière dont cette économie se complexifie (via notamment l’introduction de la monnaie) et surtout aux conséquences inattendues qui ne manquent pas de se manifester... L'auteur, à qui on doit déjà le savoureux Pas de pitié pour les gueux, propose sous une forme divertissante un véritable cours sur les principes de l'économie classique et leur remise en cause keynésienne. Le tout sans oublier de pointer leurs implications actuelles et de moquer les discours de certains « confrères » intronisés conseillers du prince.
Par delà les polémiques suscitées par la tentative de fonder tout un programme politique sur la notion de "soin mutuel" ou de « care », il semble utile de réinscrire les questions ainsi mises en avant dans le cadre d'une réflexion sur les formes actuelles de la division sociale du travail, particulièrement dans sa dimension sexuée.La pensée économique dominante peine à faire leur juste place à toutes les activités (soin, entretien, assistance, éducation) qui, quand elles ne sont pas prises en charge dans le cadre d’un service public, sont généralement cantonnées dans la sphère privée ou gérées via d’équivoques politiques de développement des « services à la personne », pérennisant des inégalités, particulièrement de genre.Dans ces conditions, il peut paraître séduisant de réfléchir à des dispositifs qui permettraient de mobiliser de nouvelles formes d’un temps actif socialisé. Mais cette idée généreuse risque alors d’occulter la dimension proprement socio-économique de ce qui demeure un travail. Dont la reconnaissance exige non seulement une action publique valorisant des activités aujourd’hui déqualifiées mais la prise en compte de sa dimension sexuée, trop souvent passée sous silence..
En partenariat avec le Phénix de Valenciennes
Parce qu’elle induit des comportements, la culture est aujourd’hui le ressort essentiel de l’économie mondiale. Nouveauté inouïe dans l’histoire de l’humanité, elle est désormais le principal moyen de contrôle de nos sociétés de contrôle. Via la culture , le contrôle social est devenu industriel et computationnel. Quelles menaces et quelles chances un tel processus rend-il possibles ?
en présence de l’auteur :
Cette hypothèse repose sur trois axiomes : la réactivation du principe d’égalité ; le développement de l’action politique à distance du pouvoir et tout particulièrement du pouvoir d’état ; la remise en question de l’actuelle division sociale du travail et de l’extrême spécialisation qui l’accompagne au nom d’une supposée rationalité économique. A quelles difficultés subjectives et objectives, philosophiques, politiques et économiques cette orientation expose-t-elle la pensée ?
