Usages du temps
Toute société définit pour ses membres des cadres qui conditionnent certains usages possibles ou nécessaires, contraints ou libres du temps. Ces usages du temps se modifient sous l’effet conjugué de mutations sociales, économiques, scientifiques, technologiques. Bref, ils sont eux-mêmes temporels et historiques.
En prenant la mesure de ces mutations, il est possible d’éclairer la singularité de notre rapport au monde et de mettre en évidence certaines formes d’aliénation.
Qu’on songe par exemple à ce que la consommation ou encore internet induisent comme formes d’asservissement temporel! Qu’on songe à ces transformations de notre rapport au temps qu’induisent le chômage, l’allongement de l’espérance de vie ou encore la réduction du temps de travail !
Une telle réflexion exige aussi d’interroger la manière dont la politique se rapporte au temps : quelles politiques concevoir quand il s’agit de traiter des risques dont les effets futurs exigent des actions préventives aujourd’hui? Comment affronter les situations d’urgence et de crise?
Mais la question des usages du temps concerne encore les photographes, les plasticiens, les musiciens, les performers ou encore les cinéastes, bref tous ceux chez qui la question du temps est moins celle de ses emplois possibles que celle des différentes objectivations dont le temps est susceptible.
Berlin, vingt ans après...
C'est tout naturellement que Citéphilo se tourne vers Berlin en ce mois de novembre 2009, pour le vingtième anniversaire de la chute du mur.
S'agissant – par delà la commémoration – d'interroger la ville dans son histoire profonde, de donner à voir et à comprendre son architecture et ses monuments, de demander à ses écrivains et à quelques témoins privilégiés de raconter leur expérience et leur vie sous la tension « géopolitique » du « mur », de réfléchir enfin sur l'avenir d’une capitale restaurée au sein d’une nation désormais souveraine.