Mardi 17 novembre
L’invisibilité sociale (PUF)
En partenariat avec le CHRU de Lille et l'Université de Lille II.
En présence de l’auteur.
- Guillaume Le Blanc,
Philosophe, professeur à l’Université Michel de Montaigne de Bordeaux III, responsable du groupe ″Philosophie″ à la revue Esprit
A notamment publié : Les maladies de l’homme normal (Vrin) ; Gagner sa vie, est-ce la perdre ? (Gallimard Jeunesse) ; Vies ordinaires, vies précaires (Seuil) ; La pensée Foucault (Ellipses) ; L’Esprit des sciences humaines (Vrin) - Présentation : Philippe Petit,
Journaliste, philosophe, responsable de la rubrique Idées du journal Marianne et producteur à France Culture
Nos sociétés sont-elles à ce point traversées par des pulsions destructrices qu'elles ne se contenteraient pas d'exclure ceux qui n'en occupent pas le centre, mais s'acharneraient également à les rendre « invisibles », à les effacer ? A défaut d'être confrontée par l'auteur à la vie complexe des sociétés, l'hypothèse fonde ici une réflexion proprement philosophique. Guillaume le Blanc définit en effet l'espace théorique dans lequel il est possible de déployer la question de l'invisibilité sociale autour de notions comme celles de vulnérabilité, de décence ou de reconnaissance.
De Canguilhem à Foucault. La force des normes (La Fabrique, 2009)
En présence de l’auteur.
- Pierre Macherey,
Professeur honoraire à l’Université de Lille III
A notamment publié : Petits riens : ornières et dérives du quotidien (Au bord de l’eau) ; Marx 1845 - Les « thèses » sur Feuerbach (Amsterdam) ; (collectif) Lire Le capital (PUF) - Présentation : Dominique Boury,
Docteur en philosophie et histoire des sciences, enseignant chercheur au Centre d'Ethique Médicale de l' Université Catholique de Lille
Qu’est-ce qui s’est passé, qu’est-ce qui a passé de Canguilhem à Foucault ? La mise à jour d’une question dont ils ont été les premiers à reconnaître l’urgence : le rôle des normes dans la nature et dans la société. Les normes ne sont pas des lois, des règles d’obligation qui supposent une contrainte extérieure pour être obéies. Elles interviennent à même les comportements, qu’elles orientent de l’intérieur. D’où viennent ces normes ? D’où tirent-elles leur force ? De la vie, explique Canguilhem. De quelque chose qui, pour Foucault, pourrait s’appeler l’histoire. Comment la vie et l’histoire en sont-elles venues à conjoindre en pratique leurs actions respectives ?
Heidegger, le mal et la science (Klincksieck, 2009)
En présence de l’auteur.
- Jean-Michel Salanskis,
Professeur de philosophie des sciences, logique et épistémologie à l’Université Paris X Nanterre, directeur de programme au Collège International de Philosophie
A notamment publié : Vivre avec les mathématiques (Seuil) ; Usages contemporains de la phénoménologie (Sens & Tonka) ; Philosophie des mathématiques (Vrin) ; Territoires du sens (Vrin) ; Talmud, science et philosophie (Belles Lettres) - Présentation : Jean-François Rey,
Professeur de philosophie à l’IUFM de Lille
Comment rester fidèle à l'ébranlement que suscite la lecture de Heidegger, son empreinte profonde, et en même temps tenir bon sur le refus de l'inacceptable engagement ? Après Emmanuel Faye et d'autres, Jean-Michel Salanskis argumente, à bonne distance du déni des idolâtres et du rejet pur et simple. L'originalité de l'ouvrage est de rapporter l'ignominie à deux thèmes (l'être pour la mort, le dépassement de la métaphysique) et, pour la première fois en France, à la science.
La photographie en proie au visage
- Philippe Bazin,
Artiste, photographe
A notamment publié : (textes de Didi-Huberman et Christiane Vollaire) La radicalisation du monde (co-édition Filigranes et L’atelier d’édition) - Présentation : Jean-Jacques Melloul,
Professeur en première supérieure au lycée Faidherbe de Lille
Rien de plus banal que la photographie d’un visage mais rien de plus difficile aussi tant les problèmes soulevés sont complexes. Comment donner à voir sans voyeurisme ni obscénité des visages de vieillards ? Comment, sans leur porter atteinte, affronter les visages dans leur vérité et leur puissance d’affirmation ? Comment faire en sorte que la photographie porte témoignage de la pensée du photographe et de son refus de l’anecdotique ou de l’exotique ?
« Être » à contretemps
- Geneviève Fraisse,
Philosophe, directrice de recherche au CNRS
A notamment publié : Service ou servitude. Essai sur les femmes toutes mains (Le Bord de l’Eau), Hubertine Auclert : Pionnière du féminisme (Bleu Autour), Du consentement (Seuil) ; Le mélange des sexes (Gallimard Jeunesse) - Maurice Olender,
Historien, éditeur, professeur à l’EHESS
A notamment publié : Race sans histoire (Points) ; La Chasse aux évidences. Sur quelques formes de racisme entre mythe et histoire (Galaade) ; Les langues du paradis (Seuil) - Modérateur : Seloua Luste Boulbina,
Philosophe, chercheuse associée à l'Université de Paris VII
A notamment publié : Le singe de Kafka et autres propos sur la colonie (Parangon) ; Un monde en noir et blanc (Sens public)
Depuis le XIXème siècle prévaut cette idée que l'émancipation des femmes serait soit une condition préalable, soit une conséquence secondaire de leur émancipation politique. Et qu'elle ne coïncide donc jamais avec cette dernière. De cet étrange contretemps, G. Fraisse montre qu'il faut à la fois faire la critique et tirer les leçons : le féminisme est nécessairement intempestif. Ce n'est qu'en pensant l'émancipation féminine sous la catégorie du contretemps qu'on peut en inscrire la temporalité dans l'histoire. Dans un champ apparemment fort éloigné, M. Olender est conduit à mettre semblablement en question la façon dont le racialisme procède à l'exclusion de l'histoire : la "fatalité de la race" neutralise toute dynamique de l’histoire, le passé, le présent, l’avenir résultent alors d’un dispositif quasi immobile où une certaine vision de l’instinct a pu s’imposer comme représentation du destin. Le retour à l’historicité, la volonté d’historicisation, ne sont pas seulement une nécessité méthodologique et heuristique, mais un moyen de repousser les idéologies de la tyrannie politique et sociale.