Cité-Philo a accueilli en novembre dernier des intellectuels et artistes iraniens, ainsi que des spécialistes français de “la pensée venue d’Iran”. Dans le contexte préélectoral de 2008-2009, nous avions délibérément choisi une entrée philosophique, artistique et culturelle : il s’agissait de restituer la vision d’une histoire philosophique, d’une culture, et de témoigner de la vitalité d’une société civile contre le réductionnisme imposé à la représentation de l’Iran par la géopolitique dominante, représentation qui tendait rien moins qu'à confondre une société et son Etat. La situation créée le 12 juin 2009 par le mouvement de protestation contre le coup de force électoral en Iran a conduit Citéphilo à l’organisation et à la publication en France de la “Lettre ouverte de soutien aux manifestants en Iran” du 19 juin 2009. Il s’agit aujourd'hui, dans les conséquences de l’événement que fut le mouvement de juin, de revenir sur la question politique, en vue d'examiner, la manière dont l'Etat devient lui-même le cadre de contradictions politiques, de façon à mieux comprendre les formes que peut prendre l’expression de la société civile, que ces formes soient sociales (une vie associative multiforme) ou politiques (les formes de protestation).
En exergue de cet ouvrage, qui rassemble les derniers écrits de Gérard Granel, on trouve ces lignes, qui en éclairent et en justifient le titre : « Toutes choses savantes lues, donnons-leur ici congé. Que nous servirait, en effet, de chercher quelque juste combinaison de la tendance autorégulatrice du marché et des indispensables protections sociales ? Question tout juste bonne pour nos politiques, tous occupés à aménager un destin que ni eux, ni nous, ne soupçonnons : celui de l’inexistence politique. De ces deux mots, l’un est de trop. Si politique il y a, elle a pour objet la forme de l’exister ; si existence il y a, elle a pour forme la Polis. »
En partenariat avec le Goethe Institut.
Alexander Kluge, cycle 1. « La force poétique de la théorie ». Aristote, Heidegger, Spinoza, Marx, Nietzsche, Kant, la Lune … et le cinéma : un cycle de huit courts-métrages, dont sept sont pris parmi 200 films de télévision réalisés par Alexander Kluge, depuis le milieu des années 1980, quand il décida, sans pour autant faire de compromis, de « s’adresser au public plus large des télévisions privées, avec un travail artisanal et encyclopédique, dans des magazines comme Die Stunde der Filmemacher ou 10 vor 11, pour lesquels il invente des formes multiples » (Bernard Eisenchitz).
Film d’Alexander Kluge (Der « Mehrwert » und seine Bilder – Allemagne, 20 minutes, 2005)
Peut-on filmer l’économie politique ? Y a-t-il des images pour des mots comme fétichisme de la marchandise, aliénation, plus-value, accumulation primitive ? Peut-on filmer Le Capital de Marx ? Telles sont les questions que pose ce court-métrage de Kluge, dans un dialogue avec le sociologue Oskar Negt et avec des images d’Eisenstein et de Vertov, à propos d’un projet, non abouti, d’Eisenstein en 1928 ; Kluge qui, en 2008, a réalisé un Capital, d’après Karl Marx (Nachrichten aus der ideologischen Antike. Marx, Eisenstein, Das Kapital), film d’une durée de 9 heures 30.
Film d’Alexander Kluge (Die sanfte Schminke des Lichts, 13 minutes, 2007)
Un ensemble constitué de huit films d’une minute, en format large 65mm, le format d’excellence technique du cinéma classique (si éloigné du petit écran d’ordinateur sur lequel sont aujourd’hui lues tant d’images en mouvement), ensemble qui invite à réfléchir sur la mise en scène par la lumière au cinéma, et sur le montage des images et de la musique.
