Mercredi 19 novembre
Le sexe de la sollicitude (Seuil)
En présence de l’auteur :
- Fabienne Brugère,
professeur de philosophie à l’Université Michel de Montaigne - Bordeaux III,
a notamment publié : C’est trop beau ! (Chouette Penser, Gallimard) ; L’expérience de la beauté (Vrin). - Présentation : Frédérique Bisiaux,
professeur de philosophie au lycée Marguerite de Flandre de Gondecourt.
Dès l’enfance, que nous soyons femme ou homme, on nous enseigne que les femmes ont toujours à faire avec le soin, la sollicitude : tout ce qui compose un imaginaire de mère bienveillante et d’épouse attentive. La sollicitude aurait un sexe : toujours le même. Comment sortir de cette aliénation sans mettre en péril la démarche éthique du souci des autres ?
Feu à volonté ! (Fata Morgana)
En présence de l’auteur :
- Christian Doumet,
poète, professeur de littérature française à l’université Paris VIII, directeur de programme au Collège International de Philosophie,
a également publié : Japon vu de dos (Fata Morgana) ; La décharge des années lumières (La Dragonne) ; Faut-il comprendre la poésie ? (Klincksieck). - Présentation : Aliocha Wald Lasowski,
chargé de cours en philosophie à l’Université Lille III et à l’Institut Catholique.
Détachement et sérénité face aux revers de l'existence, vies et poèmes tournés vers le même canon. Feu à volonté ! lance le poète Christian Doumet. Tout va à reculons !
Bergson : le clos et l’ouvert
En partenariat avec l’UFR de philosophie de l’Université de Lille III.
- Frédéric Worms,
professeur de philosophie à l’Université Lille III, dirige l’édition critique en cours des œuvres complètes de Bergson aux Presses Universitaires de France,
a récemment publié : Annales bergsoniennes IV (PUF) ; Le vocabulaire des philosophes (Ellipses) ; Bergson ou les deux sens de la vie (PUF). - Ghislain Waterlot,
maître d’enseignement et de recherche en éthique et philosophie à l’Université de Genève,
a également publié : Les deux sources de la morale et de la religion de Bergson (avec Frédéric Keck) (PUF) ; Bergson et la religion. Nouvelles perspectives sur Les deux sources de la morale et de la religion (PUF). - Présentation : Arnaud Bouaniche,
professeur de philosophie au lycée Marguerite de Flandre de Gondecourt.
La distinction du clos et de l’ouvert est la dernière proposée par Bergson dans sa philosophie, en 1932, dans son dernier livre, Les deux sources de la morale et de la religion, dont paraît aujourd’hui la première édition critique. Cette distinction a son origine dans la vie et renvoie à deux forces concrètes, l’une qui sépare et qui conserve, l’autre qui englobe et qui crée. Elle se traduit dans notre histoire et dans notre époque par l’instinct de guerre et l’idéal de paix qui sont comme les limites entre lesquelles l’humanité est appelée à se situer. Elle nous impose, d’une part, de comprendre un Bergson philosophe de l’histoire et de la culture, moins familier que le penseur de la durée subjective, et, d’autre part, de ressaisir la continuité entre sa dernière philosophie et la doctrine de la vie de son célèbre ouvrage, L’évolution créatrice, qui lui sert de fondement.
Quand j’étais belge
Dans Quand j’étais belge, film de 53 minutes, réalisé en 1999, Luc de Heusch, cinéaste et ethnologue, questionne, sur un ton résolument personnel et à travers le prisme de ses souvenirs d’enfance, l’identité belge et l’histoire chaotique de la Belgique, depuis sa fondation jusqu’à la veille d’élections décisives sur le sort de l’État fédéral.
Après la projection du film, on reprendra, sous le signe, désormais, de l’approfondissement récent de la crise de l’Etat belge, cette question qu’il posait il y a dix ans : La Belgique existe-t-elle encore ?
- Luc de Heusch,
ethnologue et cinéaste, professeur émérite d’anthropologie à l’Université Libre de Bruxelles, président du Fonds Henri Storck,
a notamment publié : Mythes et rites bantous I et II (Gallimard), L’ethnie, ou les vicissitudes d’un concept (ULB) - et filmé : Les gestes du repas (1958), Magritte (1960), Alechinsky d’après nature (1970), Journal intime d’Henri Storck (2006). - Thomas Berns,
philosophe, maître de conférences à l’Université Libre de Bruxelles, chercheur au Centre de Philosophie du Droit, membre du comité de rédaction de Multitudes,
a notamment publié : Violence de la Loi à la Renaissance – L’origine du politique chez Machiavel et Montaigne (Kimé) ; Souveraineté, droit et gouvernementalité (Léo Scheer) – Philosophie de l’impôt (Bruylant). - Présentation : Jacques Lemière,
professeur agrégé de sciences sociales à l’Université de Lille I, chercheur au CLERSE-CNRS, Centre Lillois de Recherches Sociologiques et Economiques.
La greffe entre biologie et psychanalyse (PUF)
En partenariat avec le CHRU de Lille.
En présence des auteurs.
- Jean-Pierre Jouet,
professeur d’hématologie à la Faculté de Médecine de Lille, président de la Société française de greffe de moelle et de thérapie cellulaire, responsable du pôle Evaluation et recherche de l'Etablissement français des greffes et membre de l'European Group for Blood and Marrow Transplantation (EBMT). - Jacques Ascher,
psychanalyste, membre de la Société psychanalytique de Paris, ex-médecin attaché dans le service des maladies du sang du CHU de Lille, membre actif de l'Association internationale d'histoire de la psychanalyse.
La greffe de moelle osseuse touche à un domaine thérapeutique aux avancées extensives,où s'entrecroisent, de manière plus ou moins conflictuelle, une logique scientifique et une logique du sujet.
Les auteurs, un psychanalyste et un médecin hématologiste centrant leurs propos sur l'allogreffe de cellules souches hématopoïétiques, sont nécessairement amenés à reculer les frontières de leur espace de réflexion. De nombreux entre-deux s'y déploient : entre greffon et hôte, entre donneur et receveur, entre malade et institution soignante, entre intime somatique et intime psychique, entre biologiste et psychanalyste. L'éthique, l'immunologie, la psychanalyse, mais aussi le politique et l'administratif sont questionnés. Aussi proche soit-il, le greffon issu du donneur reste pour le greffé un étranger à demeure -voire un intrus- nécessaire à la vie. Ne rappelle-t-il pas que la vie ne peut se passer de la relation à la différence et à l'altérité ?
L’identité à l’épreuve des arts
En partenariat avec l’UFR de philosophie de l’Université de Lille III.
- Marianne Massin,
maître de conférences à l’Université de Lille III,
a notamment publié : La pensée vive. Essai sur l’inspiration philosophique (Armand Colin) - Anne Boissière,.
professeur d’esthétique à l’Université de Lille III,
a notamment publié : Adorno, le vérité de la musique moderne (Presses du Sptentrion). - Frédéric Pouillaude,
maître de conférences à l’Université Paris-Sorbonne,
a notamment publié : D’une graphie qui ne dit rien : les ambiguïtés de la notation chorégraphique (in Poétique n° 137). - Présentation : Bernard Sève,
philosophe, professeur à l’Université de Lille III.
Souvent porteurs d'identités politiques ou religieuses, les arts résistent aussi à leur instrumentalisation par l’ “ identitaire ”. L'identité de l'artiste vacille sous la motion de l'inspiration, celle du spectateur est interrogée par les propositions artistiques. Aucun art n’est plus fermé sur lui-même, la notion d’œuvre est travaillée par la pratique des performances ou des improvisations. Les pratiques artistiques sont autant d'épreuves de l'identité.
Le jazz comme élément constitutif de l’identité américaine
En partenariat avec le festival Jazz En Nord.
- Philippe Gumplowicz,
écrivain, dramaturge, maître de conférence en musicologie à l’Université de Bourgogne, professeur de musicologie à l’EHESS,
a notamment publié : Le roman du jazz : Les modernes (Fayard) ; Le roman du jazz – Première époque : 1893-1930 (Fayard) ; Le roman du jazz – Deuxième époque : 1930-1942 (Fayard). - Christian Béthune,
docteur en philosophie,
a notamment publié : Le jazz et l’Occident (Klincksieck) ; Adorno et le jazz. Analyse d’un déni esthétique (Klincksieck). - Christian Pruvost,
trompettiste de jazz, enseignant au CFMI. - Présentation : Claude Colpaert,
organisateur du festival Jazz en Nord.
Dès sa réception en Europe après la Grande guerre, le jazz est identifié comme la musique des Noirs américains. Cette origine est l'une des clés de son succès : cette musique semble en effet associer les manifestations de la modernité et être empreinte de primitivisme. Par ailleurs, le jazz ne tarde pas à s'imposer, tant aux Etats-Unis qu'en Europe, comme musique universelle. De fait, si le jazz puise profondément dans le patrimoine musical africain-américain, il n'en véhicule pas moins les traces d'influences italiennes, juives, caribéennes. Le tronc central du jazz est constitué de standards qui doivent beaucoup à la vision musicale occidentale. Cette extrême diversité – planétaire, culturelle, musicale – des éléments constitutifs du jazz ont façonné une musique universelle par delà son particularisme. Ces deux caractéristiques, universalité et particularisme, sont aujourd'hui vacillants..... Chacun son jazz, tel est aujourd'hui l'usage chez les musiciens. L'appétit de mélange, de métissage, peut-il se substituer à la dimension universelle ?