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Citéphilo - Hauts-de-France

Jacques Rancière a un rapport singulier à l’esthétique qui l’amène aux bords de l’écriture littéraire. C’est le cas des Courts voyages aux pays du peuple (1990) qui sont au cœur des échanges entre Jacques Rancière et Marie-José Mondzain. Pour Rancière, il y a une « égale considération » à lire les récits de voyage des ‘’apôtres’’ saint–simoniens, les journaux ou textes autobiographiques de Michelet et de Rilke ou un film de Rossellini. « Voyager, dit-il, est une expérience politique de notre génération. » Ecrire, c’est voyager. Mais sans s’égarer sur les « chemins perdus de l’utopie ». Comme Marie-José Mondzain, il refuse toute assignation à un lieu, fût-ce une île de nulle part. Le peuple, référent ultime des révolutions modernes, est au bout de la ligne de transports en commun. Mais ce n’est pas une impasse : aucun désenchantement ni ressentiment. Seulement les poètes « partis sans retour dans le voyage des mots, suspendus jusqu’au saut dernier, à l’improbable et à l’extraordinaire de la rencontre. »

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